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COMPTE RENDU DE LA REUNION DU 4 DECEMBRE 2007

Ce soir nous avons eu le plaisir de recevoir un compatriote travaillant depuis cinq ans au Liban, Monsieur Bruno Hochart, directeur général de Degrémont Suez. Degrémont, filiale de SUEZ Environnement, est le spécialiste mondial du traitement de l'eau au service des collectivités. Il conçoit, construit et met en route des installations de production d'eau potable, de dessalement par osmose inverse, des stations d'épuration des eaux usées et des installations de traitement des eaux usées et des installations de traitement des boues. A la demande de ses clients, Degrémont peut assurer l'exploitation directe des installations et tous les services liés à leur bon fonctionnement (pièces détachées, maintenance, formation, réhabilitation, etc.). Degrémont peut aussi, directement ou au travers de ses filiales dédiées, proposer à ses clients des solutions spécifiques en termes de désinfection, de séchage thermique, d'incinération. Présent dans plus de 70 pays depuis plus de 60 ans avec 10000 usines construites, Degrémont permet de concilier une forte dimension locale et la puissance d'un grand Groupe international.

Monsieur Hochart construit donc des stations d’épuration au Liban ( Batroun, Jbeil, Chekka, Ras Nabi Younès) dont la plus importante est celle de Tripoli qui va couvrir le Nord du pays jusqu’au Akkar qui compte parmi les régions les plus démunies du Liban. De plus, c’est au Nord que le revenu moyen par habitant est le plus faible représentant à peine la moitié de celui des Beyrouthins. Une prochaine station verra bientôt le jour à Zahlé.

Face à une relative abondance de ses ressources en eau, le Liban avait pris un retard considérable dans la gestion de ce secteur qui a conduit à une mobilisation forte de la communauté internationale. Elle se traduit par des engagements financiers majeurs de la France et de l’Union Européenne mais aussi de la Banque Mondiale, de la Banque Européenne d’Investissement et des bailleurs de fonds arabes.

Alors, Monsieur Hochart, comment procédez vous ?
L'épuration des eaux est un ensemble de techniques qui consistent à purifier l'eau soit pour recycler les eaux usées dans le milieu naturel soit pour transformer les eaux naturelles en eau potable.

La collecte et le traitement des eaux usées demandent un savoir-faire toujours plus grand de la part de spécialistes en biologie, chimie, mécanique, électricité, électronique... Il en va de même pour l’installation, l’entretien et la rénovation des réseaux de collecte.

Il existe trois niveaux de traitement : le traitement primaire permet de débarrasser les eaux usées des gros déchets, des sables et graviers, des huiles et des matières flottantes. Le traitement secondaire permet d’éliminer les pollutions organiques par des procédés physico-chimiques ou biologiques. En général, les stations d’épuration offrent au moins ces deux niveaux de traitements. Le traitement tertiaire, encore plus poussé, élimine la présence de l’azote et du phosphore. Dans certaines zones de baignade ou de pêche, on effectue en plus des traitements de désinfection.

Le relevage : pour faire arriver les eaux usées jusqu’au niveau de la station.
Le prétraitement : l’eau traverse une première grille qui la débarrasse de ses plus gros déchets (dégrillage). Les sables et graviers, après s’être déposés au fond de bassins, sont évacués. C’est le dessablage. Enfin, les huiles sont recueillies à la surface : c’est le déshuilage.
Des traitements physico-chimiques : les matières dispersées dans les eaux usées se déposent au fond d’un bassin. Des produits chimiques ajoutés à l’eau permettent de les transformer en "boues" et de recueillir les "matières en suspension" après décantation.
Des traitements biologiques : les matières organiques encore présentes dans l’eau sont détruites par des bactéries qui "digèrent" la pollution. Ces matières sont alors transformées en boues.
La clarification permet de séparer par décantation l'eau épurée et les boues obtenues lors des traitements de dépollution.
La désodorisation : les gaz malodorants dégagés par les stations d’épuration sont captés puis envoyés dans des "tours de lavage" où ils sont éliminés. Éventuellement des traitements supplémentaires destinés à éliminer l’azote et le phosphore sont exécutés. Les eaux épurées sont enfin rejetées dans le milieu naturel.

Lorsque les boues d'épuration sont exemptes de produits toxiques, on peut les recycler en agriculture moyennant un conditionnement propre à faciliter leur manutention et leur entreposage sur site (traitement à la chaux). Lorsqu'elles sont polluées, il est nécessaire de les mettre en décharge. Une solution élégante pour les collectivités locales est de les composter avec les résidus verts ou de réaliser une méthanisation pour produire du biogaz. La digestion des boues produit du méthane communément appelé gaz de ville, qui, lorsqu'il est produit en assez grande quantité est utilisé comme énergie :production électrique, chaudière, etc.
Les acteurs qui permettent que ces réalisations voient le jour au Liban travaillent en partenariat : ce sont le Ministère de l’Eau et de l’Energie, le CDR, l’Etablissement des eaux du Liban-Nord.

Le Conseil de Développement et de Reconstruction (CDR) est un organisme public dépendant directement du Conseil des Ministres, qui a pour vocation de remplir une triple mission - établir les plans et les programmes de reconstruction et de développement,
- obtenir les financements nécessaires,
- réaliser les objectifs et en superviser l'exécution. Le CDR est également chargé de recevoir et de gérer l'aide internationale.

Cette conférence s’est soldée par une invitation à visiter la station de Tripoli à la quelle nous avons répondu par l’affirmative.