LE PREMIER MINISTRE A ASSURE DANS UNE INTERVIEW QUE LA FRANCE S'EST ENGAGEE POUR AIDER LE LIBAN A RELANCER SON ECONOMIE.
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"Ma visite revêt un caractère à la fois politique et économique, car les deux dimensions sont étroitement liées. Après avoir aidé le Liban à retrouver une stabilité politique, la France est désormais engagée pour l'aider à relancer son économie", explique le chef du gouvernement aux quotidiens An-Nahar, Assafir et L'Orient-Le jour.
"C'est le sens de la présence, à mes côtés aujourd'hui, de très nombreux chefs d'entreprises français qui s'intéressent aux opportunités économiques que représente le Liban", ajoute M. Fillon qui sera accompagné de plus de cinquante patrons de PME et grandes entreprises françaises.
Le Premier ministre annonce la signature de "plusieurs accords importants", notamment économiques.
La crise n'empêchera pas la France d'honorer la promesse d'une aide de 500 millions d'euros faite en janvier 2007, affirme-t-il, tout en soulignant qu'elle est "adossée au programme de réformes du gouvernement libanais" notamment dans les télécommunications et l'énergie. Le budget de coopération militaire sera également maintenu l'année prochaine.
Pour ce qui est de la poursuite du dialogue entre toutes les forces politiques libanaises, M. Fillon affirme que la France est prête, si le Liban le demande, à "accompagner la bonne organisation des élections" législatives fixées au printemps, soulignant que la France est "l'amie de tous les Libanais".
Par ailleurs, M. Fillon entend réaffirmer "l'engagement de la France en faveur de la mise en oeuvre" de la résolution 1701 de l'ONU qui a mis fin au conflit en 2006 entre Israël et le Hezbollah au Sud-Liban.
En juin, le président Nicolas Sarkozy, qui avait rencontré son homologue Michel Sleimane tout juste élu après six mois de vide à la tête de l'Etat et un an et demi de crise politique, avait demandé à François Fillon de revenir rapidement pour "aider concrètement" le pays.
Lors d'une conférence à Paris en janvier 2007, une cinquantaine de pays et d'organisations internationales s'étaient engagées à verser 5,96 milliards d'euros au Liban, la contribution de la France s'élevant à 500 millions.
Après un premier versement de 150 millions en avril, François Fillon devrait jeudi annoncer une nouvelle enveloppe de 125 millions en 2009, liée à la poursuite de la privatisation du secteur de la téléphonie mobile.
La France entend ainsi "amorcer le décaissement" des sommes promises en 2007 et qui a pris du retard, souligne Matignon.
Une autre partie de cette contribution doivt être débloquée dès cette année sous la forme de crédits aux PME libanaises et son attribution sera étendue à toutes les entreprises et non plus seulement à celles qui ont pâti de la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006.
Aucune signature de contrat commercial n'est attendue. Mais les patrons présents, essentiellement de PME tous secteurs confondus mais aussi de grandes entreprises (Thalès, Lucien Barrière, Caisse d'épargne) devraient tisser des contacts à l'occasion d'un forum économique auquel participeront de "potentiels acheteurs" privés et les grands ministères libanais, selon Matignon.

Le Premier Ministre français François Fillon a clôturé vendredi sa visite au Liban en se rendant auprès du contingent français de la Finul et s'est félicité "des progrès" de la paix au pays du Cèdre tout en insistant sur son caractère "fragile".
Le chef du gouvernement s'est rendu au camp d'At-Tiri, à dix kilomètres de la frontière israélienne où est stationnée une partie des 1.900 hommes du contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) chargée depuis trente ans de sécuriser cette région très sensible.
A l'été 2006, une guerre meurtrière avait encore opposé le Hezbollah, majoritaire dans cette zone, et Israël.
"Beaucoup reste à bâtir au sud-Liban. La paix n'est pas entièrement, ni définitivement acquise. Mais chaque jour des progrès s'accomplissent", a estimé M. Fillon qui a passé plus d'une heure sur la base militaire des casques bleus.
Même si le survol régulier de l'armée israélienne et l'arsenal en possession de la milice chiite sont des facteurs "inquiétants", "on revient de très loin" selon le Premier ministre français.
"La situation politique du Liban s'est nettement améliorée depuis le déploiement renforcé en 2006" mais "cette paix encore fragile nous invite à intensifier notre effort dans tous les domaines", a-t-il affirmé.
Lors de sa visite en juin, le président Nicolas Sarkozy devait se rendre à At-Tiri mais il avait annulé in extremis "pour des raisons d'agenda".
Si le danger pour le Liban peut venir de son voisin israélien, la "concorde" nationale est aussi menacée par des oppositions entre confessions. Les accords de Doha (Qatar) de mai ont ainsi mis fin à une crise politique de plus d'un an et demi.
Mais le véritable test aura lieu au printemps avec les élections législatives. La France est prête à fournir son concours "technique" si le Liban le demande, a indiqué M. Fillon. Dans son entourage, on précise qu'est envisagé l'envoi d'observateurs dans un cadre européen.
Il s'agit du deuxième scrutin de ce genre depuis que la Syrie, ancienne puissance de tutelle, a retiré ses troupes du territoire de son petit voisin en 2005, après une présence d'environ 30 ans. La minorité parlementaire menée par le Hezbollah chiite et soutenue par Damas et Téhéran, espère renverser la donne en battant la majorité antisyrienne actuelle.
M. Fillon s'est félicité de l'établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie, qui selon lui "doit signer une reconnaissance claire et nette de l'indépendance du pays" du Cèdre.
"Nous attendons que ce projet soit suivi de faits avant la fin de l'année conformément aux engagements pris", a-t-il souligné, en référence à l'ouverture prévue d'ambassades dans les deux Etats.
Selon lui, d'"autres mesures indispensables doivent" être mises en oeuvre, comme "la délimitation de la frontière (entre les deux pays), le renforcement de son contrôle" et "le traitement du dossier douloureux des disparus".
Les familles de Libanais disparus ou détenus en Syrie réclament depuis des années que leurs proches soient libérés ou que leur sort soit rendu public. Ces personnes, qui seraient 650 selon des ONG libanaises, avaient été arrêtées durant la guerre civile au Liban (1975-1990).
Enfin, M. Fillon, qui était accompagné d'une délégation d'une cinquantaine de patrons, a encouragé les entrepreneurs français "à faire le choix du Liban" pour conforter son économie en plein boom mais aussi pour gagner des parts de marché
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